Un Maroc en fête pour la CAN
Pour la première fois depuis 1988, le Maroc accueille la Coupe d'Afrique des Nations. Les stades marocains — de Casablanca à Rabat en passant par Marrakech et Agadir — ont vibré au rythme du football continental pendant plus d'un mois.
La décision de confier l'organisation au Maroc avait fait l'unanimité. Les infrastructures impeccables, l'hospitalité légendaire marocaine et l'engouement populaire ont fait de cette CAN 2025 l'une des meilleures de l'histoire du tournoi, saluée unanimement par la CAF et les observateurs internationaux.
La finale : un choc de titans
La finale opposait les Lions de la Téranga aux Lions de l'Atlas — un choc symbolique entre deux nations du football africain. Dans un stade de Casablanca électrisé, le Sénégal s'est imposé 2-1 dans une rencontre de haute qualité technique et émotionnelle qui restera dans les annales de la CAN.
Sadio Mané, élu meilleur joueur du tournoi, a été le grand artisan du sacre sénégalais avec 4 buts et 3 passes décisives sur l'ensemble de la compétition. À 33 ans, le Lion de la Téranga a levé son premier trophée continental à la tête d'une équipe portée par une génération dorée.
« Ces joueurs ont souffert, travaillé, cru. Ce titre appartient au peuple sénégalais. »
— Aliou Cissé, Sélectionneur du Sénégal, après la finale, 5 avril 2025Les temps forts du tournoi
- Sénégal 3-0 Bénin (Phase de groupes) — victoire à 10 contre 11 après exclusion
- Maroc élimine le Nigeria en demi-finale aux tirs au but (4-3)
- Gabon éliminé dès la phase de groupes — scandale national
- Sénégal bat le Maroc 2-1 en finale — 2e titre continental des Lions
- Sadio Mané élu meilleur joueur du tournoi
- Polémique : supporters sénégalais arrêtés au Maroc après la finale — affaire au TAS
La polémique des supporters sénégalais
L'après-finale a été ternie par une polémique grave : plusieurs dizaines de supporters sénégalais ont été interpellés par les autorités marocaines lors des célébrations post-finale. Raisons invoquées : troubles à l'ordre public et dégradations de biens.
L'affaire a rapidement monté au niveau diplomatique et a été soumise au Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Elle symbolise les tensions parfois sous-jacentes qui peuvent émerger même dans la fête du football africain — et soulève des questions sur les droits des supporters lors des grands tournois continentaux.
La débâcle gabonaise
Si le Sénégal a triomphé, le Gabon a vécu l'humiliation de la phase de groupes. Éliminé prématurément, la sélection des Panthères a suscité la fureur du président de la Transition, Brice Oligui Nguema, qui a convoqué un Conseil des ministres extraordinaire dédié au football — une décision sans précédent en Afrique qui illustre l'importance politique du ballon rond sur le continent.
Le président gabonais a annoncé « des décisions fortes » pour reconstruire le football national, avec notamment la révision complète du statut des joueurs et une augmentation substantielle des budgets alloués aux sélections nationales.
L'héritage de la CAN 2025
Au-delà du football, cette CAN 2025 laisse un héritage important pour le Maroc. Le pays a démontré qu'il peut organiser des événements sportifs majeurs à l'échelle mondiale, renforçant ainsi sa candidature pour la Coupe du Monde 2030 qu'il co-organisera avec l'Espagne et le Portugal.
Pour l'Afrique du football, cette édition confirme la montée en puissance de plusieurs nations (Sénégal, Maroc, Nigeria, RDC) tout en révélant des fragilités persistantes dans d'autres sélections. La prochaine CAN 2027 au Kenya, Ouganda et Tanzanie devra confirmer cette dynamique.
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